Certains sont respirants et hydro-régulateurs.
Ils n’émettent pas ou peu de poussières et de COV (Corps Organiques Volatiles*).
Leurs propriétés sont équivalentes aux meilleures caractéristiques des produits industriels.
Leur durée de vie et leur fiabilité sont largement supérieurs aux produits industriels.
La disposition et la combinaison des différents éco-matériaux augmentent leur efficacité.
Ils nécessitent une application soignée et adaptée aux besoins.
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Fibre de bois | Laine | Textile recyclé | Cellulose | Liège | Lin | Chanvre |
* Les COV sont dus à la décomposition, l'évaporation, l'usure et la détérioration des matières solides en vapeurs, micro-particules, gaz et poussières. Les peintures, vernis, colles, moquettes, tapis, meubles et isolants libèrent ainsi tous sans exception des benzènes, chlorures, oxydes, arsenic et autres dans l'air ambiant que nous respirons... Dans les atmosphères confinées (sans ventilation) de nombreuses habitations, l'exposition quotidienne (8 à 12 heures par jour pendant des années) peut à la longue créer des allergies, des asthmes, des cancers... ou pire!
L'Amélioration du confort thermique
1 - Limites du bâti ancien au regard de nos modes de vie et besoins de confort actuels
Les changements de mode de vie, la présence habituelle des habitants à l'intérieur plutôt que la vie au grand air, les brefs séjours de week-end plutôt que le séjour continu..., les exigences de confort auxquelles nous sommes désormais habitués (répartition de la chaleur, facilité d'approvisionnement, satisfaction immédiate d’une chaleur uniformément répartie...), contribuent à vouloir utiliser le bâti dans des conditions pour lesquelles il n'est pas toujours conçu.
Une recherche d'isolation thermique et de chauffage sont des préoccupations incontournables, mais certaines sont très difficilement conciliables avec le respect de l'aspect du bâti ancien; doubler un mur, isoler une toiture, installer des doubles vitrages ou des canalisations dans le sol... impliquent des transformations en chaîne qui peuvent conduire à une dénaturation profonde de ce qui fait le caractère des espaces, des mises en oeuvre et des matériaux traditionnels.
2 - Logiques contemporaines de confort et cohérence avec le bâti ancien, mise en garde.
Certains procédés contemporains pour améliorer les performances thermiques de ces murs anciens peuvent conduire à des aberrations. En effet, si les échanges gazeux sont perturbés ils peuvent être la cause de graves désordres hygrométriques.
Citons parmi les interventions courantes en bâti moderne mais dangereuses en bâti ancien :
2 - 1 - L’inefficacité des isolants intérieurs avec pare-vapeur, les risques de l’humidité dans les murs.
L’air chauffé dans une habitation en hiver est en surpression par rapport à l’extérieur et cherche donc à en sortir ; au fur et à mesure qu’il se rapproche de l’extérieur, en traversant la paroi il se refroidit et la vapeur d’eau qu’il contient se condense (c’est le phénomène du « point de rosée »). Si l’on isole le mur par l’intérieur, la condensation se fait dans l’isolant ; avec les isolants fibreux amorphes comme les laines minérales, l’eau s’accumule entre les fibres, ruine les capacités isolantes de ceux-ci et les détériore rapidement. (Il est connu que la laine de verre en particulier est particulièrement hydrophile (elle absorbe l'eau comme une éponge), une fois humide les fibres de celle-ci s'agglutinent définitivement et n'emprisonnant plus d'air perdent l'essentiel de leur capacité isolante). D'une manière générale on considère que la laine de verre en particulier perd 30 à 60% de ses capacités thermiques en 12 à 15 ans... selon le taux d'humidité intérieur qui peut parfois diviser par 2 la durée de vie de l'isolant.
Si, pour empêcher l’air intérieur chargé d’humidité de pénétrer dans la paroi, on pose un film étanche (étanche à l’air et à la vapeur d’eau), un « pare vapeur », ce dernier, n’étant jamais continu, concentre, comme un entonnoir, la vapeur d’eau dans les raccords (entre les lais, au contact des planchers, des refends, des baies vitrées…) qui sont autant de points faibles, ponts thermiques… ; il y a, alors, condensation car ces points n’offrent pas assez de surface d’évaporation. Le « pare vapeur » emprisonne donc l’eau dans le mur et conduit à sa détérioration (pourrissement des bois, moisissures, champignons, risque pour la santé…)
Les isolants industriels de type étanche à base polystyrene ou polyuréthane sont encore plus néfaste car leur étanchéité à l'air étant la plupart totalement baclée la vapeur d'eau intérieur s'accumule et se concentre dans les interstices et peuvent faovirer l'accumulation de l'eau pendant des années sur quelques points névralgiques qui resteront invisibles jusqu'à ce qu'il soit trop tard... Par ailleurs ces matériaux aux caractéristiques thermiques intéressantes et coûts modiques, très largement utlisés, libère des COV (Corps Organiques Volatils) à l'intérieru de l'habitat pendant toute leur durée de vie ! Il s'agit ici d'esthers et autres molècules chimiques issus de l'industrie chimico-pétrolière dont de nombreuses études prouvent les effets néfastes sur la santé (cancers, allergies...) sur le long terme. Or nous passons tous 8 à 12 h par jour confinés dans nos logements...
2 - 2 - La ventilation mécanique habituelle est inadaptée.
Les procédés conventionnels contemporains (convecteurs…) conduisent à chauffer l'air dans des espaces hermétiques et imperméables, à en évacuer la vapeur d'eau (qui est d'autant plus importante que l'air est chaud) et donc à évacuer l'air chauffé; avec un renouvellement conseillé d'un volume par heure (par VMC simple flux), on arrive, dans une journée, à chauffer vingt-quatre fois le volume d'air nécessaire!)
C'est ainsi l'air extérieur qui est chauffé en pure perte énergétique; la pollution en est augmentée d'autant inutilement; le bilan est catastrophique et totalement inadapté au bâti ancien (perméable, à forte inertie thermique...). (Une VMC double FLux de qualité correctement dimensionnée et installée permet de ne renouveler que l'air vicié - respiration, pièces humides...)
2 - 3 - L’isolation thermique par l’extérieur est à étudier très précisément.
L’isolation thermique par l’extérieur (source du froid) est, de façon générale, la meilleure solution, à la condition qu’elle ne soit pas une barrière au passage de la vapeur d’eau, mais ne peut être envisagée qu’exceptionnellement sur le bâti ancien pour des raisons historiques et architecturales (il existe cependant des solutions d’amélioration thermique traditionnelles du type bardages…).
3 - Techniques, solutions constructives et matériaux adaptés au bâti ancien :
les principes à respecter : chauffage, ventilation, absence d’humidité
Les sources d’inconfort dans le bâti ancien sont la température de l’air, la température des parois, les mouvements de l’air, l’humidité.
3 - 1 - Règle d’or : on ne doit pas empêcher une construction ancienne de respirer
Cette règle s’impose non seulement pour des questions de durabilité mais également de confort thermique.
3 - 2 - Privilégier la chaleur des parois à celle de l’air et la perfectionner
La sensation de confort thermique tient autant à la température des parois par échange de rayonnement avec notre corps qu’à celle de l’air : avec une paroi froide, il faut augmenter de plusieurs degrés la température de l’air pour ne pas frissonner. Or ces calories dépensées pour réchauffer l’air sont rejetées à l’extérieur par la ventilation (caricature : un système de ventilation aux normes actuelles extrait au minimum douze fois le volume d’air par jour !). Voilà pourquoi, sans parler encore d’isolation, il est possible d’économiser environ 50% de la facture de chauffage en adaptant la température des parois au lieu de chauffer l’air
On sait aujourd’hui que les matériaux perçus comme chauds au contact, utilisés par les anciens, sont à faible « effusivité » (leur température s’adapte instantanément, au contraire des matériaux comme la pierre dure qui mettent beaucoup de temps à se réchauffer). En Europe du Nord, les salles de bain sont systématiquement revêtues de bois, alors qu’au Sud, où le souci du confort d’été est prioritaire, c’est la faïence qui prédomine. L’utilisation de ces matériaux est donc à privilégier et à perfectionner.
3 - 3 - Privilégier les modes de chauffage par rayonnement
Les modes de transmission thermique sont : la convection (par l’air…), par conduction (par le métal…) et le rayonnement (par exemple, le soleil).
En acceptant un fonctionnement "rustique" (l'air restant relativement plus frais), la meilleure solution est le "chauffage par les murs et les sols » , c’est-à-dire que ce sont les murs et les sols qui maintiennent la chaleur par leur inertie thermique et qui rayonnent.
Les modes de chauffage par accumulation et rayonnement, notamment par le sol apparaissent les plus performants (géothermie...).
3 - 4 - Renforcer le revêtement interne
La réalisation d'un tel mode de chauffage doit être réalisé en respectant la "perspiration" des parois, c'est-à-dire en réalisant un complément isolant "perspirant" (enduit ou dalle, de chanvre et chaux, fibres de bois, composés cellulosiques, torchis allégé,...), issus d'une transformation simple des matériaux naturels de proximité.
Rappelons que les gains d’une isolation ne sont pas proportionnels à son épaisseur : sur une isolation théorique de 10 cm d’épaisseur, les 2 premiers cm apportent 70% de résistance thermique.
Le meilleur rendement thermique est donc obtenu en renforçant les qualités d’isolation thermique du revêtement interne, tout en privilégiant une faible épaisseur pour ne pas nuire aux qualités d’inertie du mur.
3 - 5 - Renforcer les performances thermiques des fenêtres
L’installation de vitrages thermiques n’est pas facilement compatible avec des menuiseries anciennes trop légères pour supporter les poids et les nouvelles épaisseurs de vitrages.
Afin que l’aspect extérieur ne s’en trouve pas considérablement altéré, et compte tenu de la faible surface et donc du faible impact des parties vitrées en bâti ancien, outre l’installation d’un survitrage, les améliorations courantes acceptables sont d’admettre un double vitrage avec des faux petits-bois ou, mieux, de réaliser par l’intérieur une nouvelle croisée. Les nouvelles menuiseries ne devront cependant pas être hermétiques et maintenir une certaine ventilation.
Les occultations tels que volets et contrevents doivent être préservés voire réinstallés en compatibilité avec l’architecture du bâti (pas de coffres de volets roulants…).
3 - 6 - Renforcer les performances thermiques des combles
La contrainte principale est de maintenir l’aération des bois de charpente et des supports de la couverture (lattis, voligeage).
Dans le cas désormais le plus fréquent du comble devenu habitable, l’isolant est placé en « rampant », en sous face de la couverture.
L’objectif de la réglementation conduit à une épaisseur de plus 25 cm pour les isolants les plus performants. Le complexe d’isolants devra être perspirant et intégrer la composante d’inertie (confort d’été).
3 - 7- Maintenir une ventilation adaptée
En matière de ventilation, l’extraction ponctuelle dans chaque pièce humide par une commande indépendante, dénommée « ventilation mécanique répartie», constitue la solution la plus adaptée.
3 - 8 - Supprimer les sources d’humidité
La suppression de l’humidité doit être considéré comme une condition fondamentale.
Elle implique la suppression de tous les enduits étanches et la restitution d’enduits respirants.
Un drainage extérieur périphérique, voire intérieur, s’impose et constitue souvent une solution très performante ; en milieu urbain cependant, l’imperméabilisation de sols extérieurs (trottoirs…) est très défavorable et ne le permet pas ; la ventilation des caves et sous-sols n’en est que plus nécessaire.
Enfin un bon système couverture s’impose pour éviter les infiltrations et implique notamment un bon entretien des gouttières lorsqu’il y en a.